15 juin 2019, 21h00 : de la mélodie à l’opéra avec Kévin Amiel (chant) et Cécile Cottin (piano)

Concert en hommage aux quarante ans
de la disparition du ténor Tony Poncet (1918-1979)

Récent lauréat des Voix Nouvelles 2018, Kévin Amiel est l’un des ténors les plus talentueux de la jeune génération. Né à Toulouse, il étudie le chant avec Claude Minich. Il est lauréat des concours de chant de Béziers, Marmande, Auxerre et de l’Opéra de Marseille, révélation classique de l’ADAMI en 2011 et prix de l’AROP en 2013.

Cécile Cottin est 1er prix d’accompagnement du CNSM de Lyon, chef de chant à l’Opéra de Lyon, et soliste avec l’Orchestre National de Lyon et l’Orchestre de Chambre de l’Ecurie du Roy. Le public fidèle aux festivals des Amis de Milliassière a déjà pu l’entendre aux côtés d’Amy Christianna Blake lors d’un récital en hommage à la mélodie française et au grand répertoire lyrique, le 22 juillet 2018.

Ce concert est un hommage au grand ténor Tony Poncet (1918-1979).

Ancien combattant français, prisonnier de guerre, ce patriote dont l’attitude entre 1939 et 1945 fut héroïque, a reçu de nombreuses distinctions militaires : titulaire de la Croix de Guerre, médaille militaire, Croix du Combattant de l’Europe, Croix du Combattant volontaire, médaille des Engagés volontaires, médaille des Blessés de guerre, médaille commémorative de la guerre 1939-1945 ainsi que la médaille de la Liberté des États-Unis.

Il a vingt-neuf ans lorsqu’il entre au CNSMP en septembre 1947 avec dispense exceptionnelle, où il réussit brillamment des études de chant dans la classe de Fernand Francell, de solfège avec Madame Vuillermoz et de scène avec le remarquable pédagogue Gabriel Dubois.

Tony Poncet est remarqué et salué par l’ensemble de la presse spécialisée. Il obtient le 23 avril 1954 le premier prix à l’unanimité du Concours International des Voix d’Or organisé par la ville de Cannes dans la catégorie « fort-ténors », devant 1013 concurrents. Tony a déjà trente-six ans, et sait qu’il doit absolument réussir son entrée dans un monde où la facilité est exclue et dans lequel il ne jouit d’aucun soutien politique ni relationnel. Sa seule carte de visite est la splendeur d’un timbre rare et propre à lui faire aborder des rôles qui ne sont plus interprétés.

Après être parti brièvement pour l’Amérique du Nord, mal à l’aise face aux méthodes publicitaires d’outre-Atlantique, il regagne la France. Au milieu des années 1950, suite à une audition devant Georges Hirsch, l’Opéra-Comique et l’Opéra de Paris le repèrent enfin, et Tony Poncet devient aussitôt le ténor héroïque des deux théâtres. Il triomphe ainsi dans le rôle titre de Paillasse (son premier rôle), puis dans celui de Rodolphe dans La Bohème, celui du chanteur italien dans le Chevalier à la Rose, et celui du Duc de Mantoue dans Rigoletto. En 1958, il enregistrera une quinzaine de microsillons pour la maison de disques Philips, témoignage précieux de sa voix.

Dans Guillaume Tell, La Juive, Les Huguenots, Le Trouvère, Tony Poncet parcourt les grands théâtres de province et conquiert un public toujours plus nombreux. Sa renommée redevient internationale suite à des tournées en Belgique, en Roumanie et en Suisse.

Sa carrière à l’Opéra-Comique s’achève en 1964. En 1968, il éblouit la salle de Gand dans le rôle d’Éléazar (La Juive). Il chavire le public, resté debout, et qui ne veut plus se rasseoir après l’air Rachel, quand du Seigneur. D’un chant désincarné qui confine à l’extase, il atteint la communion et le détachement des spectateurs avec Dieu que ma voix tremblante. Mais sa voix n’a pas tremblé. Volume majestueux, timbre exceptionnel, égalité sur toute la tessiture, legato telle une coulée d’airain, aux nuances d’une couleur admirable.

En 1969 ce sera une nouvelle fois les États-Unis, où l’attend le rôle redouté de Raoul dans Les Huguenots, montés en version concert au Carnegie-Hall. Nous sommes le 14 mai, et cette représentation réunit une distribution de rêve : Beverly Sills, Angeles Gulin, Justino Diaz, Thomas Jameson, en plus du ténor français. Ce soir-là, Tony Poncet, touché par la grâce, donne au rôle de Raoul une dimension hallucinante.

Le 13 novembre 1979, à Libourne, c’est le silence déchirant d’un départ trop précoce et injuste. Tony Poncet quitte ce monde à soixante-et-un ans. Il repose au cimetière de Saint-Aigulin, en Charante-Maritime. Une stèle et une promenade en bord de fleuve commémorent sa mémoire dans la ville de Bagnères-de-Bigorre, où il passa son adolescence et découvrit sa vocation pour le chant dans un chœur.

PONCET
Tony Poncet

Première partie — récital de mélodies :

El paño moruno, de Manuel de Falla

Asturiana, de Manuel de Falla (extrait des Siete canciónes populares españolas)

Polo, de Manuel de Falla

Ständchen, de Franz Schubert

Tormento, de Paolo Tosti

Non t’amo piú, de Paolo Tosti

Ideale, de Paolo Tosti

Core’ngrato, de Riccardo Cordiferro

Entracte

Deuxième partie — récital d’opéra :

Puisqu’on ne peut fléchir, issu du Roi d’Ys d’Édouard Lalo

Air de Kleinzach, tiré des Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach

La fleur que tu m’avais jetée, de Carmen de Georges Bizet

Rachel, quand du seigneur, tiré de La Juive de Fromental Halévy

Che gelida manina, issu de La Bohème de Giacomo Puccini

E lucevan le stelle, de Tosca de Giacomo Puccini

Il lamento di Federico, tiré de l’Arlesiana de Francesco Cilea

Note : le contenu des concerts est affiché à titre informatif et n’est pas contractuel.